Sculpteur

Galerie d’Art

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Article de Françoise Petit

17/09/2018

Article de Françoise Petit

Telles des guirlandes gouleyantes, les grappes de raisin de la petite vigne de Toros tombent sur un jardin extraordinaire. La cuvée 2001 est annoncée. Juste devant la maison, sur un perron gourmand, poussent des sculptures. Le potager de Toros s’étend de l’autre côté de la rue. Plus spacieux que son square verdoyant peuplé d’œuvres récentes, l’atelier s’ouvre sur une mosaïque de bonheurs apparents.

Le lieu et l’homme divorcent parfois : « Je ne suis pas malheureux, mais je ne peux être complètement heureux car je sais trop de choses », dit-il en guise d’avertissement. Il réduira la narration de son passé au souvenir de travaux forgés à coup d’heures de transport de charbon. Il avait dix ans. Depuis, ce natif d’Alep bonifie la somme de ses épreuves par la douceur d’une existence d’artiste et l’exigence d’un forgeron.

Installé à Romans-sur-Isère, « le monde tourne autour de lui comme le soleil autour de la terre ». Aérien comme l’oiseau, terrien comme un cheval, mystique comme le corps des femmes, Toros accueille sur sa terre des éléments de force et de sensualité. Avec son regard de braise (comme Picasso), l’aficionado du mouvement et du symbole épouse l’arène de ses tendres délires pour tuer l’ordinaire. Chaque œuvre, qu’elle soit fontaine sur une place publique ou objet de collection privée, atteste de la formidable vitalité d’un rêveur éveillé.

Chef d’une « tribu de filles » (son épouse et ses enfants, c’est sacré !), il dessine la beauté sans bavardage en sculptant aussi les âmes : « Dans ce que je fais, je mets l’intérieur de la personne ». Cuivre, métal de cuivre, bronze et zeste d’argile peut-être, les créations de Toros distillent noblesse et tendresse.

L’art vu en cuvée du siècle !



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